Guide Cybersécurité — Domaines Émergents

Deux frontières en pleine
expansion, pour des raisons opposées

La sécurité OT protège des machines physiques vieilles de décennies, jamais pensées pour le risque cyber. La sécurité de l'IA protège des systèmes qui n'existaient pas il y a cinq ans. Deux domaines très différents, tous deux en train de devenir incontournables.

Qu'est-ce que la technologie opérationnelle (OT) ?

Le matériel et les logiciels qui surveillent et contrôlent des processus physiques réels — centrales électriques, usines, barrages, réseaux d'eau. Contrairement à l'IT classique qui manipule des données, l'OT actionne des machines dans le monde réel.

ICS et SCADA

Les ICS (Industrial Control Systems) regroupent les systèmes qui pilotent ces processus industriels — le plus répandu étant le SCADA, qui collecte les données de capteurs distants et les envoie à un poste de contrôle central.

La convergence IT/OT — pourquoi c'est risqué

Des réseaux industriels autrefois isolés se connectent aujourd'hui au cloud, aux outils d'accès distant et aux systèmes IT classiques, pour gagner en efficacité opérationnelle. Le revers : des environnements jamais conçus pour affronter les menaces cyber s'y retrouvent brutalement exposés.

Pourquoi la sécurité OT ne fonctionne pas comme la sécurité IT

En IT, la confidentialité passe souvent en premier. En OT, c'est la disponibilité et la sécurité physique qui priment : un automate qui contrôle une vanne de barrage ne peut pas simplement redémarrer pour installer un correctif. Beaucoup d'équipements tournent depuis des décennies, avec des protocoles jamais pensés pour résister à une attaque.

Le Shadow AI

L'utilisation d'outils d'intelligence artificielle que les équipes sécurité et conformité ignorent totalement — modèles non autorisés, services IA tiers non validés, pipelines montés de façon informelle par des équipes métier. Les violations de données liées au Shadow AI coûtent en moyenne bien plus cher qu'une violation classique.

Le prompt injection

Une technique où un attaquant manipule un modèle d'IA via des instructions habilement formulées pour contourner ses garde-fous, lui faire révéler des informations sensibles, ou provoquer un comportement non prévu — l'équivalent, pour l'IA, de l'injection SQL pour les bases de données.

AI-SPM (AI Security Posture Management)

Une discipline de sécurité à part entière qui découvre, évalue et sécurise en continu les actifs spécifiques à l'IA — modèles, données d'entraînement, points d'accès d'inférence, agents autonomes — à travers des environnements hybrides.

Le cadre réglementaire qui arrive : l'EU AI Act

Le règlement européen sur l'IA impose, pour les systèmes à haut risque, des contrôles de sécurité vérifiables à partir d'août 2026 — sous peine d'amendes pouvant atteindre 35 millions d'euros ou 7% du chiffre d'affaires mondial, le montant le plus élevé étant retenu. Un signal clair : la sécurité de l'IA n'est plus optionnelle, y compris pour les entreprises qui l'utilisent sans l'avoir développée elles-mêmes.

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